Une idée startup est rarement prête pour des investisseurs au moment où elle apparaît. Elle peut être prometteuse, mais encore trop floue : marché mal cadré, concurrence sous-estimée, budget incomplet, métriques absentes, modèle financier fragile, risques réglementaires laissés de côté.
C’est précisément le problème que cette suite de skills IA cherche à résoudre. L’objectif n’est pas de remplacer un fondateur, un CFO, un expert-comptable ou un avocat. L’objectif est de structurer le travail en amont, de rendre les hypothèses visibles et de produire une première base solide pour discuter avec des investisseurs.
Le projet est disponible publiquement sur GitHub :
https://github.com/fareswebnet/ai-startup-finance-skills
Le principe : un mini operating system founder/CFO
La suite fonctionne comme un enchaînement de workflows spécialisés. Chaque skill traite une étape précise du raisonnement startup-finance :
- recherche et intelligence marché ;
- stratégie et planification ;
- budget et forecast ;
- gestion du bilan, du cash et du besoin de financement ;
- performance, ROI et unit economics ;
- modélisation financière ;
- préparation investisseur.
La skill principale, startup-investor-readiness, orchestre l’ensemble. Elle permet de partir d’une idée brute et de produire un plan à 24 mois, un registre des risques, une logique de financement, une liste de preuves à collecter et une trame de dossier investisseur.
Les 7 skills incluses
La suite contient sept skills :
startup-investor-readiness: orchestrer le passage de l’idée au dossier investisseur.startup-research-intelligence: analyser marché, concurrents, clients, réglementation et signaux d’opportunité.startup-strategy-planning: transformer la recherche en positionnement, roadmap, GTM et plan opérationnel.startup-budget-forecast: construire budget, burn, runway, scénarios et use of funds.startup-balance-sheet-cash: clarifier cash, working capital, bilan, passifs et risques de trésorerie.startup-performance-roi: définir les KPIs, le ROI, le payback, les unit economics et le reporting investisseur.startup-financial-model: structurer un modèle financier avec hypothèses, scénarios et synthèse investisseur.
Cette organisation évite un piège classique : commencer directement par un tableur ou un pitch deck. Pour convaincre, il faut d’abord comprendre ce qu’on veut prouver.
Cas d’usage : une fintech CFO B2B
Prenons un exemple concret : une fintech B2B qui aide les startups à piloter leur fonction CFO. Le produit permettrait de suivre le burn, le runway, les forecasts, les métriques investisseurs et les reportings board.
L’idée semble séduisante, mais elle soulève immédiatement plusieurs questions :
- Qui est réellement l’acheteur : fondateur, CFO, expert-comptable, investisseur ou fractional CFO ?
- Le problème est-il assez douloureux pour justifier un abonnement ?
- Le marché est-il assez grand ou trop fragmenté ?
- Quelle est la différence avec un tableur bien maintenu, un outil FP&A classique ou un reporting fait par le cabinet comptable ?
- Quelles métriques prouvent que l’outil crée de la valeur ?
- Quel budget faut-il engager avant d’avoir assez de preuves pour lever ?
La suite de skills force ces questions dans le bon ordre.
Étape 1 : recherche et intelligence
Avec startup-research-intelligence, l’agent commence par cadrer le marché : startups pré-seed à Series A, CFOs fractionnés, cabinets comptables orientés startup, fonds d’investissement qui demandent du reporting récurrent.
La sortie attendue n’est pas seulement une liste de concurrents. Elle doit distinguer :
- les faits ;
- les hypothèses ;
- les signaux faibles ;
- les zones non prouvées ;
- les risques réglementaires ou de confiance.
Pour une fintech CFO B2B, cela peut révéler que le vrai wedge n’est pas “remplacer Excel”, mais réduire le temps de préparation des reportings investisseurs et fiabiliser les prévisions de cash.
Étape 2 : stratégie et plan à 24 mois
Avec startup-strategy-planning, l’idée devient une trajectoire. L’agent doit proposer un segment initial, un positionnement, une roadmap produit, une stratégie go-to-market et des jalons trimestriels.
Par exemple :
- T1 : valider le problème avec 20 fondateurs et 10 CFOs fractionnés ;
- T2 : lancer un MVP centré sur burn, runway et reporting mensuel ;
- T3 : obtenir les premiers clients payants ;
- T4 : produire des benchmarks anonymisés et un reporting investisseur automatisé ;
- année 2 : développer les intégrations comptables, la collaboration board et les scénarios de financement.
Le plan est utile parce qu’il lie chaque dépense à une preuve attendue.
Étape 3 : budget, forecast et runway
Avec startup-budget-forecast, la suite transforme la roadmap en budget. On modélise les dépenses produit, cloud, conformité, acquisition, support, recrutement et buffer de trésorerie.
Dans notre exemple, le modèle doit répondre à des questions simples :
- combien de mois de runway faut-il pour prouver le marché ?
- quel budget produit est nécessaire avant les premiers clients payants ?
- combien coûte l’acquisition des premiers comptes ?
- quel scénario conserve assez de cash si les ventes prennent trois mois de retard ?
La valeur du forecast n’est pas de prédire parfaitement l’avenir. Sa valeur est de rendre les dépendances visibles.
Étape 4 : bilan, cash et risques de trésorerie
Avec startup-balance-sheet-cash, la suite force un regard plus CFO. Il ne suffit pas de regarder le P&L. Il faut comprendre le cash réel, les créances, les dettes, les revenus différés, les engagements, les financements et les risques de trésorerie.
Dans une fintech, cette étape est encore plus importante. Si le produit manipule des fonds clients, des paiements ou des flux financiers, il faut distinguer clairement le cash de l’entreprise et les fonds des clients. Cette séparation est un point de diligence majeur.
Étape 5 : performance et ROI
Avec startup-performance-roi, la suite définit les métriques qui comptent vraiment. Pour une fintech CFO B2B, les KPIs peuvent inclure :
- revenu mensuel récurrent ;
- marge brute ;
- churn ;
- CAC payback ;
- nombre de reportings générés ;
- temps économisé par client ;
- précision des forecasts ;
- expansion par compte ;
- burn multiple ;
- revenu par FTE.
Cette étape évite de se cacher derrière des vanity metrics. Les investisseurs veulent comprendre comment le capital investi se transforme en preuves, en revenu et en valeur.
Étape 6 : modèle financier
La skill startup-financial-model inclut aussi un générateur de structure Excel. Il crée un workbook avec les onglets suivants :
- Inputs ;
- Assumptions ;
- Scenarios ;
- Revenue ;
- COGS ;
- Headcount ;
- Opex ;
- Cash Flow ;
- Balance Sheet ;
- KPIs ;
- Investor Summary ;
- Checks.
Le modèle reste volontairement un squelette. Il ne prétend pas produire une vérité comptable. Il sert à organiser les hypothèses et à préparer une discussion plus rigoureuse.
Ce que l’on obtient à la fin
À la fin du workflow, un fondateur devrait pouvoir disposer d’une base structurée :
- une thèse investisseur ;
- une cartographie des preuves ;
- un plan opérationnel à 24 mois ;
- un budget et des scénarios ;
- une vision cash et bilan ;
- un dashboard KPI ;
- un modèle financier de départ ;
- une liste des risques et questions de diligence.
C’est une première version de travail, pas un document final de levée. Mais c’est souvent ce qui manque pour passer d’une idée séduisante à une discussion sérieuse.
Limites
Cette suite de skills ne fournit pas de conseil financier, comptable, fiscal, réglementaire, juridique ou d’investissement. Elle aide à structurer une analyse et à préparer des artefacts. Les décisions de financement, de conformité et de levée doivent être revues avec des professionnels qualifiés.
Le dépôt GitHub est disponible ici :